Histoire du Bouchon-Comptoir Brunet

Naguère encore, le Bouchon-Comptoir Brunet flanquait la nef métallique de la Halle des Cordeliers disparue. Le quartier des Cordeliers vivait sous les auspices d’Uranie, la muse perchée sur la colonne du Méridien depuis 1756 et les cloches du couvent des Cordeliers rythmaient la vie. Non loin de là, la rue de la Poulaillerie perpétuait le souvenir du marché aux volailles, la rue Grenette celui du marché aux grains. Depuis des siècles, le ventre de Lyon s’étalait au bord de la Saône, le long de la courbe du quai Saint-Antoine entre le pont Bonaparte et le Pont Maréchal Juin : c’était « un débordement de légumes et de fruits, de viandes et de volailles aussi, palette mouvante avec plus de couleurs que n’en pourrait inventer un peintre » (Max-André Dazergues in Lyon, Capitale mondiale de la gastronomie, ouvrage collectif sous la direction de Maurice-Edmond Saillant dit Curnonsy et Marcel-E. Grancher, 1935).

  • Ancienne Halles des Cordeliers - Aux Halles vers 1930
  • Ancienne Halles des Cordeliers
  • Ancienne Halles des Cordeliers - Palais de la bourse
  • Aux Halles vers 1930 | Auteur : Jules Sylvestre 1859-1936 | Date : 1930 | Collection BML de Lyon
  • Halles centrale des Cordeliers | Auteur : Jules Sylvestre 1859-1936 | Date : 1960 | Collection BML de Lyon
  • Palais de la Bourse, Les Halles | Éditeur : CIM | Collection BML de Lyon

© : Collection BML Lyon Bibliothèque municipale de Lyon

Le Second Empire industriel et moderne triompha du vieux quartier et la place des Cordeliers n’offrit aucune résistance aux idées modernes et hygiénistes du Sénateur Vaïsse, préfet du Rhône : le Palais de la Bourse surgit des gravas entre 1856 et 1860 en même temps que les grandes artères de la Presqu’Île. La Compagnie de la rue Impériale, aménageur du quartier, se vit octroyer le droit de construire une Halle. Elle contenait tout à la fois 308 cases de 2m sur 2 m (les fameux wagons) et une vente à la criée pour la marée, les gibiers, les fruits et légumes. On vendait au détail et en demi-gros aux particuliers, aux restaurateurs, aux communautés religieuses. Inaugurée le 1er mars 1859, la halle remplaçât les marchés du quai des Célestins et des alentours. Bientôt, les restaurants s’installèrent dans les rues adjacentes, complétant ainsi les boxes vitrés aux tables accueillantes qui se blottissaient sous la grande verrière, le long de la rue Claudia pour mieux accueillir les lyonnais souvent gourmets mais toujours gourmands.

  • Ancienne Halles - Place des Cordeliers
  • Ancienne Halles
  • Ancienne Halles
  • Place des Cordeliers | Anciennes Halles
  • Anciennes Halles | Peinture sur mur dans le restaurant Brunet
  • Anciennes Halles

C’est dans cette rue que s’installât vers 1930 la famille Brunet en ouvrant trois restaurants : le café Brunet fut ainsi créé en 1934. André Brunet proposait des escargots, des moules, des charcuteries de campagne et des consommations de « premier choix », tout étant inscrit sur des petites cartes de réclame distribuées généreusement aux passants. En 1979, Gilles Maysonnave repris ce bouchon lyonnais et le rebaptisât Bouchon-Comptoir Brunet.

Ce bouchon lyonnais, orphelin de la Halle détruite en 1971, est un vestige précieux, vivant et innovant de la cuisine des Mères lyonnaises, source de la réputation gastronomique de Lyon que Curnonsky porta aux nues dans ces mots devenus célèbres : « La caractéristique commune de l’Art grec et de l’Art français c’est qu’ils ne visent jamais à l’effet. La cuisine lyonnaise participe de l’Art français justement en ce qu’elle ne fait jamais d’effet. Elle ne pose pas, elle ne cède pas à la facile éloquence. Elle atteint, tout naturellement, et comme sans effort, ce degré suprême de l’Art : la Simplicité ». (ibid.)

Aujourd’hui, entre les murs de faïence colorée décorés de vieilles affiches et de diplômes de sociétés gastronomiques et les tables couvertes de nappes à carreaux rouges et blancs, sous les miroirs peints et les tableaux de Robert Gattaz, la brigade du Bouchon-Comptoir Brunet vous offre un moment particulier : les chefs Denis et Christophe Buisson et Saïd en cuisine, Marketa, prêtée par la ville dorée aux cents clochers de Prague, Xavière et Marc, mi blagueur, mi bourru, en salle, sous le regard paternel de Gilles Maysonnave, mettent tout en œuvre pour prendre en charge le plaisir de vos papilles.

Attentif à la qualité et à la fraîcheur des produits, la cuisine de ce bouchon lyonnais entretient la flamme de la cuisine traditionnelle lyonnaise dans un menu éponyme mais propose aussi, à travers ses menus de saison, des plats renouvelés, avec, par exemple, en automne et en hiver, du gibier frais (lièvre, canard, faisan, perdreau, grouse, etc.) et de superbes recettes de champignons.

Régalez-vous avec nous !

equipe brunet2016

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